1D’où vient le nom des Franches-Montagnes
Le 17 novembre 1384, le prince-évêque de Bâle Imier de Ramstein affranchit tous les habitants de la seigneurie de Montfaucon des tailles, redevances et charges — expressément aussi ceux qui viendraient s’y établir d’autres seigneuries. En contrepartie, chaque foyer versait une redevance fixe et modeste. Cette franchise devait attirer de nouveaux habitants; c’est d’elle que les Franches-Montagnes tiennent leur nom.1
Notre société immobilière, qui a acquis l’ancienne école de Soubey, porte son nom: Immo Imer.
¹ Trouillat, Monuments de l’histoire de l’ancien Évêché de Bâle, no 213. Les limites exactes du territoire de 1384 ne sont pas établies avec certitude pour Soubey; Soubey fait aujourd’hui partie du district des Franches-Montagnes.
2Ce que nous voulons
Faire vivre Soubey: des logements abordables et des possibilités de s’établir pour des familles, des indépendants et des artisans; des ateliers et des espaces de travail; une infrastructure numérique pour le télétravail. Avec la commune, pas à côté d’elle.
Des locaux de l’ancienne école seront volontiers mis à la disposition des sociétés locales.
3Notre vision
À long terme, nous avons une vision: une commune dont les finances sont si saines que l’impôt obligatoire peut baisser, jusqu’à zéro. Trois chemins y mènent. À moyen terme, les impôts baissent grâce à de nouveaux habitants, parce que les coûts fixes de la commune se répartissent sur davantage de personnes. La commune peut déléguer certaines de ses tâches à une coopérative à laquelle les habitants de Soubey peuvent adhérer; dans une coopérative, chaque membre a une voix. Et à long terme, notre rêve serait que l’ensemble du budget communal, quel qu’en soit le montant, soit financé par des contributions volontaires, par exemple sous forme de financement participatif des habitants pour leur commune. Un impôt obligatoire à zéro ne signifie donc pas une commune sans prestations, mais des prestations que les habitants financent librement. Nous croyons que le volontariat est tout simplement plus beau et donne un autre caractère au vivre-ensemble.
Nous aimerions faire évoluer, au niveau local, ce qui distingue déjà la Suisse, la démocratie directe et le non-centralisme: de la codécision vers l’autodétermination, avec celles et ceux qui veulent y participer, et sans nuire à personne.
C’est une vision, pas un plan. À chaque étape, c’est l’assemblée communale qui décide de sa mise en œuvre.
4La coopérative: où nous en sommes
La coopérative n’est pas encore fondée, et son nom n’est pas encore arrêté. Nous venons d’acquérir l’ancienne école; elle doit maintenant être rénovée et transformée. Les statuts sont en préparation; nous les publierons ici probablement d’ici la fin de l’année, avec une section qui décrit les principes communs.
Vos remarques sont les bienvenues.
5Nos engagements
- Ce qui concerne la commune, c’est l’assemblée communale qui le décide.
- Dans la coopérative, chaque membre a une voix, quelle que soit sa fortune (art. 885 CO).
- Les prestations publiques sont fixées par la loi et ne peuvent pas être remplacées par une offre privée payante. Les offres privées s’y ajoutent.
- Un exemple concret: Soubey n’a aujourd’hui pas d’école; les enfants fréquentent l’école publique de St-Ursanne. À l’avenir, quand davantage d’enfants vivront de nouveau au village, il pourra se créer à Soubey soit une école privée, comme offre supplémentaire, soit une école publique locale, gratuite de par la loi comme toute école publique.
- Nous ne retirons rien à la commune. Si la coopérative devait un jour assumer une tâche pour la commune, ce serait par un contrat décidé par l’assemblée communale et résiliable.
- Nous nous réjouissons d’accueillir des francophones et encourageons tous les autres à apprendre le français.
- On peut toujours quitter la coopérative. Éviter la contrainte est notre préoccupation centrale.
Armin Häfliger · Marc-Felix Otto
6Comment sont nés les articles du 30 septembre
Ce qui nous importe, c’est Soubey, pas une querelle avec les médias. Pour protéger le village et notre initiative, nous décrivons ci-dessous le déroulement et le contenu de nos échanges avec le Quotidien Jurassien.
Le 30 septembre, ce journal a publié trois articles sur l’Initiative Soubey: deux qui découlent de l’entretien avec Armin Häfliger, et un sur l’exposé de Prague.
Les trois articles du Quotidien Jurassien du 30 septembre: article · contribution d’Andreas Gross · article sur l’exposé de Prague
Le déroulement
- Appel (24.09, 17h10): la journaliste appelle Armin Häfliger.
- Questions (25.09): La journaliste envoie à Armin Häfliger sept questions pour un entretien.
- Entretien (26.09): Entretien de la journaliste avec Armin Häfliger.
- Projet (28.09, 18h15): La journaliste lui envoie «le texte de l’article à paraître» et lui demande de signaler les erreurs.
- Réponse (29.09, 13h06): Armin Häfliger approuve le texte et signale trois points: Marc-Felix Otto est suisse; une précision à sa citation sur le marché; que les nouveaux arrivants soient au moins prêts à apprendre le français. Les points figurent dans le corps du courriel; en annexe, il joint en outre le texte avec ses modifications. La journaliste n’a pas pu ouvrir cette annexe, comme elle l’écrira le 5 octobre, et ne l’a pas demandée à nouveau.
- Article (30.09, 05h45): Portrait dans le Quotidien Jurassien: «“Attirer des familles” et réduire les impôts à zéro: à Soubey, le projet rural aux ambitions libertariennes».
- Contribution Gross (30.09, 05h45): Second article le même matin: «“Ils veulent privatiser le paradis qu’est Soubey”: analyse du politologue Andreas Gross».
Les documents
Voici la réponse d’Armin Häfliger du 29 septembre, dans son intégralité. Il y avait joint le texte de la journaliste, avec ses modifications en rouge.
Réponse d’Armin Häfliger à la journaliste, 29 septembre 2026, 13h06 (original et traduction)
Original
Re: texte article Soubey
Bonjour Madame Jaquet,
merci beaucoup pour vôtre message et le texte. Vous avez bien fait. :)
J'ai ajouté quelques remarques.
I will continue in english, because I'm a bit busy and like this I can write faster:
1) Marc-Felix has become a swiss citizen a couple of years ago, lives in Switzerland since 23 years
2) the second last sentence (free market vs goverment monopoly) is good/true, but could be interpreted in a wrong way by the reader. (for example that we believe in a evil conspiracy)
3) French speaking: we would expect from everybody that moves there too at least have the willingness to learn the basics in french. and ideally at least some of the new families are from the french speaking part of Switzerland.
all the other red parts are details and not so important...
Merci beaucoup pour le bon text :)
Avec mes meilleures Salutations,
Armin Häfliger
[numéro de téléphone masqué]
Traduction
Re: texte article Soubey
Bonjour Madame Jaquet,
merci beaucoup pour votre message et le texte. Vous avez bien fait. :)
J’ai ajouté quelques remarques.
Je continue en anglais, parce que je suis un peu pressé et que j’écris ainsi plus vite:
1) Marc-Felix est devenu citoyen suisse il y a quelques années; il vit en Suisse depuis 23 ans
2) l’avant-dernière phrase (libre marché contre monopole d’État) est bonne/juste, mais pourrait être mal interprétée par le lecteur (par exemple, comme si nous croyions à une conspiration maléfique)
3) La langue française: nous attendrions de chacun qui s’y installe au moins la volonté d’apprendre les bases du français. Et idéalement, au moins une partie des nouvelles familles vient de Suisse romande.
Toutes les autres parties en rouge sont des détails et pas si importantes…
Merci beaucoup pour le bon texte :)
Avec mes meilleures salutations,
Armin Häfliger
Le 5 octobre, Armin Häfliger a demandé à la journaliste son accord pour publier l’intégralité de la correspondance. Elle s’y est opposée le jour même. Comme annoncé dans la demande, nous publions ces deux courriels; ses courriels précédents et le texte qu’elle lui avait soumis, non.
Courriel d’Armin Häfliger à la journaliste, 5 octobre 2026, 07h26
Publication de notre correspondance
Bonjour Madame Jaquet,
Par souci de transparence, nous publions sur le site de l’Initiative Soubey une page qui retrace la genèse de votre article du 30 septembre. Nous aimerions y joindre l’intégralité de notre correspondance, afin que chacun puisse se faire sa propre idée:
– votre courriel du 25 septembre avec vos questions;
– votre courriel du 28 septembre et le texte «à paraître» qui y était joint;
– ma réponse du 29 septembre et ses annexes.
Vos numéros de téléphone et vos coordonnées personnelles seront masqués.
Le présent courriel et votre éventuelle réponse feront également partie de la correspondance publiée.
Si vous vous opposez à cette publication, en tout ou en partie, je vous prie de me le faire savoir d’ici au mercredi 7 octobre. Sans nouvelles de votre part, nous considérerons que vous n’y voyez pas d’objection.
Avec mes salutations distinguées,
Armin Häfliger
Initiative Soubey
Réponse de la journaliste, 5 octobre 2026, 09h04
Re: Publication de notre correspondence
Cher monsieur Haefliger, je m’oppose effectivement à cette démarche, je ne pense pas que j’ai dit à aucun moment des choses que vous n’avez pas dites. Je n’ai pas réussi à ouvrir le texte modifié que vous m’avez fait parvenir, et n’ai pas pu lire les modifications que vous suggériez. Effectivement le texte a été modifié après que je vous l’ai fait parvenir, mais les citations restent et ne trahissent en aucun cas ce que vous m’avez dit. Bonne journée, cordialement, Pascale Jaquet
Envoyé de mon iPhone
Les représentants des médias et les personnes intéressées reçoivent volontiers de notre part, sur demande, l’ensemble des échanges.
Ce qui existait avant, et ce qui a été publié
Le tableau met en regard ce que contenaient les questions, le projet et la réponse, et ce qui a paru dans l’article et la contribution Gross. Chaque ligne peut être vérifiée dans les documents.
| Sujet | Avant (questions, projet, réponse) | Publié (article, contribution Gross) | Ce qui change |
|---|---|---|---|
| Questions préalables à l’entretien | Questions: sept questions, toutes sur le projet au village: comment Armin Häfliger a découvert Soubey, le Cerf, les travaux dans sa maison et l’école, d’autres bâtiments, les emplois, l’école, la langue des nouveaux habitants. | Article: le titre parle de «réduire les impôts à zéro» et d’«ambitions libertariennes»; un paragraphe présente Javier Milei et Peter Thiel. Contribution Gross: les initiants voudraient «privatiser» le village. | Les thèmes principaux de la publication ne figuraient pas dans les questions. Aucun de nous n’a été entendu sur les reproches de la contribution Gross. |
| Avec le village | Projet: cite notre site: transformer progressivement le village «avec la communauté locale». | Article: cette phrase manque. Nouvelle accroche: «Derrière leur volonté de repeupler Soubey se dessine un projet politique.» | Un projet mené avec le village apparaît comme un projet aux intentions cachées. |
| Transparence | Projet et article: nous avons présenté le projet à plusieurs reprises lors d’événements au Cerf. | Article, ajouté: «des choses beaucoup plus interpellantes se cachent derrière, ainsi que le soupçonne un habitant des lieux». | Ces craintes existent au village, et elles méritent une réponse. Dans l’article, elles figurent comme un soupçon sans réplique: personne ne nous a interrogés à ce sujet. |
| Motivation | Projet: Armin Häfliger: «J’ai été ébloui par la beauté du lieu.» | Article: cette phrase manque. Ajouté, sans citation: Soubey lui serait apparu idéal «parce que la population y est vieillissante et l’immobilier bon marché». | Une raison personnelle devient un calcul économique. |
| Domicile d’Armin | Questions: sur les travaux dans sa «maison familiale» à Soubey. Dans l’article même, le maire confirme qu’Armin Häfliger a déposé ses papiers à Soubey et participe aux assemblées communales. | Article: «Armin Häfliger, qui habite à Lucerne». | L’habitant apparaît comme quelqu’un de l’extérieur. |
| Le Cerf | Projet: la famille Joset cherchait des repreneurs «depuis un bon moment». | Article: cela manque. Il reste: il «a racheté» le Cerf. | Une reprise attendue devient un rachat. |
| Langue | Questions: «Est-ce que ce sera seulement des alémaniques?» Projet, réponse d’Armin Häfliger: l’idéal, ce serait «au moins 50 % de gens parlant français, parce que sinon ça ne passera pas auprès des gens du village». Réponse, précisé: chaque nouvel arrivant devrait au moins être prêt à apprendre les bases du français; idéalement, une partie des nouvelles familles vient de Suisse romande. | Article: la réponse manque. En intertitre figure une déclaration sur «tous ces gens qui viennent de l’extérieur», avec l’avertissement qu’on pourrait se retrouver en minorité. | La question est posée, les deux réponses manquent. |
| Citation sur le marché | Projet: le marché privé serait supérieur au monopole d’État, «parce que les gouvernements sont contrôlés par des gens qui ont l’argent et le pouvoir». Réponse: pas cette justification, mais: «… à condition qu’il ne conduise pas à une nouvelle concentration entre les mains de quelques entreprises.» | Article: une troisième version, jamais soumise à Armin Häfliger: «Je pense que le libre marché est le meilleur système pour la société. […] alors que l’État empiète sur les libertés individuelles.» Contribution Gross: une «coopérative gérée par des riches». | La critique du pouvoir de l’argent et de la concentration disparaît. Il reste une phrase qui va dans le sens du reproche. |
| Assemblée communale | L’assemblée communale a approuvé la vente de l’école le 12 juin 2026. | Article et contribution Gross: pas mentionné. La contribution Gross parle de «privatiser». | La décision de l’assemblée communale n’apparaît pas. |
| Confiance | Projet: «On veut faire les choses lentement, gagner la confiance des gens. On ne veut pas avoir mauvaise réputation, car ce serait contre-productif.» | Article: les deux phrases figurent dans le texte. Seule la seconde est mise en exergue comme intertitre. | Ce qui ressort, c’est le souci de l’image, pas la recherche de confiance. |
| Nationalité | Réponse: Marc-Felix Otto est suisse et vit en Suisse depuis 23 ans, avec domicile à Thalwil (ZH). | Contribution Gross: «un affairiste allemand et spéculateur basé à Zoug». | Même un fait signalé et sans ambiguïté n’a pas été repris. |
Contradictions
Ce qui ressort de la comparaison des documents. Les désignations (questions, projet, réponse, article, contribution Gross) sont expliquées plus haut sous «Le déroulement».
- Dans la contribution Gross, un «champion de la démocratie directe» attaque un projet auquel l’assemblée communale a donné son accord en approuvant la vente de l’école, et dans lequel elle continue de décider de tout ce qui concerne la commune.
- Les Franches-Montagnes doivent leur nom à la charte de franchises de 1384: le prince-évêque attirait des habitants en les affranchissant de la plupart des redevances. L’Initiative Soubey veut attirer de nouveaux habitants et, un jour, baisser les impôts. Un journal de cette région fait des deux un scandale.
- Dans sa réponse, Armin Häfliger avait précisé sa citation sur le marché: «à condition qu’il ne conduise pas à une nouvelle concentration entre les mains de quelques entreprises». C’est précisément cette mise en garde qui manque dans l’article. À la place, la contribution Gross affirme que les initiants veulent livrer le village aux riches.
- La contribution Gross parle d’une «coopérative gérée par des riches». Dans une coopérative, la fortune ne donne, de par la loi, aucune voix supplémentaire (art. 885 CO).
- On nous reproche de manquer d’honnêteté. Dans le même journal, on met dans la bouche d’Armin Häfliger des mots qui ne sont pas les siens, et on nous prête des intentions contraires à ce que nous voulons.
- Qui cache quelque chose? Nous avons présenté notre projet au Conseil communal et lors d’apéros, l’avons soumis à l’assemblée communale, et nous étions et restons joignables à tout moment au village, à l’Hôtel-Restaurant du Cerf. L’article cite un habitant qui soupçonne que «des choses beaucoup plus interpellantes» se cacheraient derrière le projet. Ces craintes existent, et nous les prenons au sérieux; mais on ne nous a pas interrogés à ce sujet. Et on nous a soumis un article «à paraître» qui diffère fondamentalement des articles parus dans le QJ.
- On a posé des questions sur les maisons, les emplois et l’école. Aucune question critique, ni par écrit ni lors de l’entretien, pas même sur la Free Cities Foundation; celle-ci n’a été évoquée que parce qu’Armin Häfliger a lui-même mentionné la conférence de Prague. On a publié un article sur les impôts à zéro, Milei et Thiel. Il répond à des questions jamais posées et omet les réponses à celles qui l’ont été.
- Les spéculateurs achètent là où les prix montent. Ici, on a acheté une école vide, dans un village qui a perdu environ un cinquième de ses habitants depuis 1980.
- Que le village vieillisse, c’est la raison pour laquelle il a besoin de familles. L’article fait du remède le mobile: Soubey, «parce que la population y est vieillissante».
- «Ils veulent privatiser le paradis qu’est Soubey»: un paradis sans école, qui perd ses habitants. La menace, ce seraient justement ceux qui veulent le faire vivre.
- L’article évoque des «gens qui viennent de l’extérieur», la contribution Gross un «affairiste allemand». La journaliste avait elle-même demandé s’il ne viendrait que des Alémaniques. Notre réponse à la question de la langue manque dans l’article.
- Un politologue juge publiquement un projet villageois sans jamais avoir parlé aux initiants.
- Le principal quotidien du Jura présente un restaurateur et un conseiller, deux patrons de PME, comme des acteurs puissants, avec des milliardaires en arrière-plan. Le rapport de force est inverse: le plus grand média de la région écrit sur deux particuliers sans les entendre sur ces reproches.
Rectifications
Faits inexacts dans la contribution Gross:
- «un affairiste allemand et spéculateur basé à Zoug»: Marc-Felix Otto a exclusivement la nationalité suisse et habite à Thalwil (ZH). C’est à Zoug que se trouve la société de conseil dont il est associé. Il ne pratique aucune spéculation. La rédaction savait depuis la veille qu’il est suisse.
- La Free Cities Foundation serait une «création» de Peter Thiel et de «Patti» Friedman: la fondation a été créée en 2020 par Titus Gebel. Thiel et Friedman n’en ont jamais été fondateurs, membres ni donateurs.
- Próspera serait le «projet phare» de la fondation: Próspera n’est pas un projet de la fondation (elle y a tenu sa conférence 2026).
- Marc-Felix Otto n’a pas été contacté avant la publication de ces reproches.
Sur la nationalité, Marc-Felix Otto: J’ai choisi la Suisse très consciemment. Surtout pour son organisation: le non-centralisme et la démocratie directe. Ce sont ces deux aspects que nous voulons prolonger à Soubey, avec celles et ceux qui veulent y participer: renforcer le local, de manière non centralisée, et faire évoluer la codécision vers l’autodétermination. C’est le sens de la coopérative: adhésion libre, sans interdiction de concurrence, et qui pourra peu à peu assumer des tâches de la commune, par contrat décidé par l’assemblée communale.
Ce que nous avons réellement fait
Armin a rouvert le bistrot du village, pour lequel la famille Joset cherchait des repreneurs. Nous avons acheté une école vide dont la commune n’arrivait pas à se défaire depuis plusieurs années, avec l’accord de l’assemblée communale. Et nous avons une idée: faire évoluer, au niveau local, la démocratie directe et le non-centralisme, de la codécision vers l’autodétermination, avec celles et ceux qui veulent y participer, et sans nuire à personne (voir «Notre vision»). Nous y consacrons notre temps et notre propre argent. Et nous le faisons ouvertement: devant le Conseil communal, lors d’apéros, devant l’assemblée communale, sur Internet.
Cette idée mérite d’être débattue. Dans les deux articles, elle n’est pas discutée, mais écartée à coups d’étiquettes, d’une source anonyme et de faits inexacts, et avec elle les personnes qui la portent. Ainsi, une idée est chassée du débat avant d’avoir pu être examinée équitablement.
Notre offre tient toujours: un échange public et écrit, publié sans coupure (voir «Un dialogue avec Andreas Gross»), et un entretien, à tout moment, y compris avec la rédaction du Quotidien Jurassien. Débattre plutôt qu’effacer.
L’article sur l’exposé de Prague
Un autre article du Quotidien Jurassien, de la même journaliste, s’appuie sur l’exposé que Marc-Felix Otto a donné en 2025 à la conférence de la Free Cities Foundation à Prague; il a ensuite répondu aux questions du public avec Armin Häfliger. La vidéo de l’exposé est publique.
L’article a paru le 30 septembre, le même jour que les deux autres: «À Prague, Marc-Felix Otto présente Soubey comme une future coopérative privée avec l’objectif affiché de réduire les taxes locales»
Nous avons comparé chaque citation de l’article avec l’exposé. L’exposé était en anglais; nous traduisons ce qui a été dit, et l’indication de temps mène au passage dans la vidéo.
| Sujet | Citation dans l’article | Dit lors de l’exposé | Avec le recul |
|---|---|---|---|
| Les habitants | Il décrit «un village attaché à son indépendance», avec des habitants «terre à terre et conservateurs», mais aussi «sensés, qui ont notamment refusé la Loi Covid», et avec un «esprit entrepreneurial». | 6:22 «des gens vraiment terre à terre … plutôt conservateurs … la majorité a voté non à la dernière loi Covid, ce sont donc des gens vraiment raisonnables, et aussi plutôt entreprenants». | Citation exacte, et c’était un compliment. Mais juger du bon sens des gens à un résultat de votation était maladroit: on peut être raisonnable et voter autrement. |
| Fusions | «Témoignant d’une connaissance plutôt lacunaire des lieux, il affirme que “la commune a déjà refusé à deux reprises de rejoindre une entité plus grande”, alors que Soubey a été une des deux communes à accepter le projet de commune unique des Franches-Montagnes en 2012.» | 7:57 «Ils ont déjà eu deux votations sur une fusion avec une commune plus grande, mais ils ont voulu rester indépendants.» | Ici, la journaliste a raison: c’était trop simplifié. Soubey a refusé une fois, la fusion qui a donné la commune de Clos du Doubs (2009), et accepté une fois, la commune unique des Franches-Montagnes en 2012, qui a échoué dans d’autres communes. Soubey est restée indépendante. |
| Nouveaux habitants | «Selon lui, à cause de cette volonté d’indépendance, la commune a besoin “de plus de gens et aussi plus jeunes”.» | 8:06 «Pour cela, ils ont besoin de plus de monde, et aussi de gens plus jeunes.» | Citation exacte. C’est toujours notre but: des familles, pour que le village puisse de nouveau avoir une école. |
| Schwyz | «Certes, on aurait préféré Schwytz, parce que les impôts y sont très bas, mais il est impossible d’y acheter quoi que ce soit», précise-t-il ensuite. | 3:05 Le premier projet qu’on nous a proposé se trouvait dans le canton de Schwyz, «où les impôts sont déjà très bas … Mais personne ne peut s’y installer. C’est déjà plein.» Peut-être un appartement s’y libère-t-il tous les deux ans. Et 3:27: «Comme l’idée centrale est ce qui est écrit là-haut, il nous fallait autre chose.» En haut de la diapositive: «We want to establish a basis for peaceful coexistence, drawing on Swiss history.» | Citation fausse, et la raison manque. Il n’a pas été dit que nous aurions préféré Schwyz, mais que personne ne peut s’y installer — et qu’un projet là-bas aurait moins bien servi le but réel. Ce but était écrit sur la diapositive: créer une base pour un vivre-ensemble pacifique, en s’appuyant sur l’histoire suisse. Cela suppose un lieu où des gens peuvent se rassembler à nouveau. Des impôts bas là où plus personne ne trouve de place n’y suffisent pas. Soubey n’est pas un second choix. |
| Impôts | «Un sujet qui a beaucoup d’écho chez ces gens dont l’obsession principale est justement d’échapper à l’impôt: “Notre but à long terme est d’arriver à zéro taxes locales”, précise-t-il.» | 8:38 «Notre objectif à long terme est de ramener les impôts locaux à zéro.» | Juste sur le fond, mais raccourci. Aujourd’hui, nous disons plus précisément: les impôts obligatoires à zéro. Les prestations de la commune restent, financées par des contributions volontaires des habitants (voir «Notre vision»). Que notre souci principal serait d’éviter l’impôt est une interprétation de l’article, pas une citation. |
| «Colons» | «Il précise ensuite que pour “des colons” (settlers en anglais), la région a les prix de l’immobilier les plus bas de Suisse, ce qui est très intéressant.» | 8:57 «Pour les colons, cette région a les prix immobiliers, les coûts du logement les plus bas de toute la Suisse.» | Citation exacte. Le mot était mal choisi. Nous parlons de nouveaux habitants qui veulent vivre et travailler au village. |
| Coopérative | «Enfin, il explique que le but serait “de remplacer, à terme, la structure communale par une coopérative, qui serait bien sûr une organisation privée”: “Tout le monde pourrait y entrer, y compris les résidents actuels.”» | 11:30 «Avec le temps, nous pouvons remplacer progressivement la structure communale par une coopérative. Les habitants actuels aussi peuvent adhérer à la coopérative, qui est bien sûr une organisation privée … une organisation à laquelle on contribue volontairement.» En ouverture, 2:29: réunir dans un petit village des gens épris de liberté, qui peuvent «gagner beaucoup déjà dans le cadre des ordres juridiques existants». Et 2:49: «Les médias peuvent être tout à fait tranquilles. Nous ne parlons pas de faire sécession de la Suisse.» | Citation exacte, mais sans la fin: volontairement. Et sans ce qui avait été dit en ouverture: nous restons entièrement dans le cadre juridique de la Suisse et du canton du Jura. Le mot «remplacer» était ici un raccourci prêtant à confusion. La commune reste. La coopérative peut assumer des tâches si l’assemblée communale le décide par contrat (voir «La coopérative: où nous en sommes»). |
| Étrangers | «Une personne souhaite par exemple savoir si “les colons” pourraient être des étrangers. “Oui, pas de problème, tant que vous n’êtes pas à l’aide sociale”.» | 14:47 «Nous sommes absolument ouverts aux immigrés.» Les ressortissants de l’UE pourraient même voter au niveau communal. Qui veut immigrer en Suisse doit surtout montrer qu’il n’aura pas besoin de l’aide sociale, avec un employeur ou sa propre entreprise; «nous pouvons aider pour cela». | Citation fausse. Cette condition n’est pas celle de l’initiative, mais celle du droit suisse des étrangers. Notre réponse était: les étrangers sont bienvenus, et nous les aidons à s’installer. Imprécise, en revanche, la phrase sur le droit de vote: dans le Jura, il dépend pour les étrangers de la durée de résidence, pas de l’UE. |
| Budget communal | «Bien sûr, c’est cher, convient Marc-Felix Otto, “mais quand nous aurons pris le contrôle du budget de la communauté, cela deviendra beaucoup plus accessible”.» | 17:49 Armin Häfliger: «C’est vrai, les impôts sont assez élevés.» À long terme, quand nous pourrons contrôler le budget de la commune, quelque 750 000 francs, «nous pourrons dire que nous finançons ce budget par financement participatif, et nous aurions potentiellement zéro impôt communal». | Mauvaise attribution et citation fausse. C’est Armin Häfliger qui l’a dit, pas Marc-Felix Otto. «Cher» visait les impôts, pas la vie à Soubey: s’y loger coûte moins que presque partout ailleurs en Suisse. Et l’essentiel manque: les habitants financeraient librement le budget de la commune. Nous ne parlerions plus aujourd’hui de «contrôle». C’est l’assemblée communale qui décide du budget, et cela ne changera pas. |
| Canton du Jura | «Mais pourquoi choisir le canton le plus à gauche de Suisse, demande un autre participant? “Bien sûr, le canton du Jura est plutôt à gauche, mais Soubey ne l’est pas, et les Franches-Montagnes non plus”, assure Marc-Felix Otto, témoignant encore d’une certaine méconnaissance de la région.» | 20:31 «Le fait que le Jura soit un canton plutôt à gauche est aussi une chance, car ce village ne l’est certainement pas … tout le district des Franches-Montagnes est plutôt conservateur.» | Citation exacte, sans «aussi une chance». Nous ne parlerions plus ainsi aujourd’hui. Classer un village à gauche ou à droite, c’est précisément la logique de camps que nous voulons dépasser à Soubey. |
Sont donc à rectifier:
- La phrase sur le budget communal est d’Armin Häfliger, pas de Marc-Felix Otto, et elle portait sur un financement volontaire du budget de la commune.
- Nous n’aurions pas «préféré» Schwyz. Personne ne peut s’y installer.
- «Tant que vous ne touchez pas l’aide sociale» n’est pas une condition de l’initiative, mais le droit suisse des étrangers. Les étrangers sont bienvenus.
- Et nous concernant: Soubey n’a pas refusé deux fois une fusion, mais l’a refusée une fois (Clos du Doubs) et acceptée une fois (Franches-Montagnes, 2012).
Ce qui nous importe. Des citations, on peut les rectifier. Autre chose pèse plus lourd: l’article range les gens dans des cases, la gauche et la droite, les gens d’ici et les «colons», ceux qui paient l’impôt et ceux qui veulent y échapper. À Prague, nous avons parfois parlé ainsi nous-mêmes, devant un public qui partage ces catégories. Nous en tirons la leçon.
Ces cases font des voisins des camps. Un village d’une centaine d’habitants ne peut pas se permettre des camps: l’école, l’ancien collège et les finances de la commune, tout le monde en décide ensemble, à la même assemblée communale. Quoi qu’on écrive sur nous: à Soubey, nous cherchons des solutions sur place, avec tous ceux qui veulent y participer, sans demander de quel camp vient quelqu’un (voir «Pourquoi nous travaillons ensemble»).
7Un dialogue avec Andreas Gross
M. Andreas Gross a critiqué notre projet du point de vue de la démocratie directe. Sa critique touche une question de fond de toute communauté humaine: qui a le droit de décider pour d’autres sans leur accord? David Dürr, professeur de droit, s’est penché de près sur cette question et a notamment écrit, avec Marc-Felix Otto, l’article «Die Freigemeinde». Il invite M. Gross à en débattre publiquement sur ce site.
8Rencontrez-nous en personne
Le samedi 24 octobre 2026, dès 17 h, nous serons au Cerf, avec beaucoup de temps pour discuter. Tout le monde est bienvenu: habitants, curieux, sceptiques, partisans. Nous annoncerons les prochaines rencontres.
Contact: Armin Häfliger, 078 883 44 45 · Marc-Felix Otto, 078 655 44 86
9Questions fréquentes
Le projet à Soubey
Pourquoi Soubey, et pourquoi vous?
Armin Häfliger cherchait un village pour lui et sa famille: loin des grandes villes, mais pas trop, avec des maisons disponibles, une belle nature et au maximum 200 habitants. Il a trouvé Soubey, a repris le Cerf quand la famille Joset cherchait des repreneurs. Il a son domicile à Soubey.
Marc-Felix Otto cherchait en Suisse des possibilités de vivre-ensemble fondé sur des contrats. L’approche d’Armin Häfliger et le village de Soubey lui ont paru, et lui paraissent toujours, la meilleure initiative. C’est pourquoi il la soutient. Armin l’a contacté il y a bientôt trois ans; si nous ne sommes pas d’accord, c’est Armin qui tranche.
Voulez-vous privatiser la commune?
La loi l’exclut. La commune reste la commune, et ses décisions restent celles de l’assemblée communale. La coopérative que nous préparons est une association de ses membres, à côté de la commune. Si elle devait un jour assumer des tâches pour la commune, ce serait par contrat, décidé par l’assemblée communale et résiliable.
Qui commande dans la coopérative?
Ses membres, à raison d’une voix par membre. C’est la loi (art. 885 CO). La fortune ne donne pas de voix supplémentaire.
Est-ce un projet pour les riches?
Notre but est des logements abordables pour des familles, des indépendants et des artisans. Dans la coopérative, chaque membre a le même poids.
Les conditions d’adhésion ne sont pas encore fixées. Le principe prévu: être domicilié à Soubey, avec peu d’exceptions. Qui loue ou achète un logement par la coopérative en devient membre par son contrat de bail ou d’achat.
Nous posons la question en retour: un tel projet s’adresse-t-il surtout aux riches, ou s’agit-il d’un reproche politiquement motivé?
Et l’école?
Soubey n’a aujourd’hui pas d’école; les enfants fréquentent l’école publique de St-Ursanne. Cela reste ainsi tant qu’il n’y a pas assez d’enfants pour une école au village. Notre vision est une école à Soubey, sur le modèle de Bratsch (VS), où elle a fait revivre le village. Comme école privée, elle s’ajouterait à l’école publique de St-Ursanne, sans la remplacer. Si elle voit le jour à Soubey comme école publique, elle sera gratuite de par la loi.
Qu’est-ce que Focus Soubey?
Focus Soubey est une association présidée par Regula Reist, qui a fondé et dirigé une petite école privée. Marc-Felix Otto et deux autres membres en font partie à ce jour. L’association proposera aux familles des semaines de découverte à Soubey: enfants, adolescents et adultes apprennent dans des ateliers animés par des spécialistes, de la fabrication du pain au tir à l’arc. La première semaine est prévue au printemps 2027, probablement en avril. Plus d’informations: Focus Soubey.
Les germanophones vont-ils prendre le dessus?
Nous nous réjouissons d’accueillir des francophones, de Suisse romande et d’ailleurs, et encourageons tous les autres à apprendre le français. Un projet qui ne parlerait pas la langue du village ne marcherait pas.
Qui finance?
Le Restaurant du Cerf appartient à la Wohngenossenschaft Natur Arbeit Familie, une coopérative d’habitation fondée en 2023, dont l’administration se compose d’Armin Häfliger et de membres de sa famille. L’ancienne école appartient à Immo Imer, fondée par Armin Häfliger, Marc-Felix Otto et Andreas Hackethal.
Voulez-vous gagner de l’argent avec Soubey?
Nous ne cherchons pas à nous enrichir avec cette initiative. Mais le projet doit se porter lui-même et dégager un rendement équitable, habituel pour l’immobilier en Suisse. Des pertes ne serviraient personne: elles montreraient que le projet ne réussit pas, et un projet qui ne tient que grâce à des apports extérieurs n’est pas durable. Sur le plan économique, il doit en aller comme pour tout immeuble bien géré. Ce que nous voulons apporter au village, ce sont des améliorations, y compris avec nos idées, pour autant qu’elles trouvent l’adhésion.
Voulez-vous supprimer les impôts?
L’impôt obligatoire, à long terme, oui: notre vision est une commune aux finances si saines que l’impôt communal obligatoire puisse baisser, à terme jusqu’à zéro. Les chemins pour y parvenir: davantage d’habitants, des tâches que la coopérative assume pour la commune, et à long terme un budget communal financé entièrement par des contributions volontaires (voir «Notre vision»). Il n’y a pas encore de plan concret. Rien ne sera décidé ni mis en œuvre sans l’assemblée communale. La raison n’en est pas «les riches»: ils ont déjà aujourd’hui de nombreuses possibilités de payer encore moins d’impôts que ce ne serait alors le cas à Soubey, parce que l’impôt cantonal jurassien est plus élevé que les impôts cantonal et communal réunis dans plusieurs autres endroits.
Le but est que les habitants de Soubey assurent ensemble et librement les prestations de leur commune.
Théorie, exposé de 2025 et Free Cities Foundation
Vous avez écrit sur la «commune libre». Est-ce le plan pour Soubey?
Marc-Felix Otto et David Dürr ont publié l’article «Die Freigemeinde» dans le recueil «Was tun?». Le manuscrit est disponible ici: «Die Freigemeinde» (PDF). Il décrit comment une commune pourrait, à terme, devenir une association à laquelle on adhère librement: adhésion volontaire; pas de financement imposé. C’est une contribution à un débat de théorie, que nous assumons pleinement. David Dürr aimerait poursuivre ce débat publiquement avec Andreas Gross.
Marc-Felix Otto est physicien: dans les sciences naturelles, on distingue la théorie de la réalité, et quand la réalité montre autre chose, c’est la théorie qu’on adapte, et non l’inverse. Ici, il s’agit de personnes. La distinction entre théorie et réalité, et une modestie fondée sur les limites de la connaissance, n’en comptent que davantage.
Pour Soubey, ce qui concerne la commune, c’est l’assemblée communale qui le décide.
Dans une vidéo de 2025, Marc-Felix Otto parle d’une coopérative qui remplacerait la commune. Qu’en est-il?
C’était une simplification qui prête à confusion: la commune est ancrée dans la loi et ne peut pas être dissoute. Dans notre vision, des prestations communales aujourd’hui financées par l’impôt sont reprises par la coopérative, comme décrit plus haut.
La vidéo est publique: «A Free Commune in Switzerland: Hopes and Challenges» (YouTube, en anglais).
Sur le fond, nous disons dans la vidéo la même chose qu’ici et lors des apéros d’information tenus jusqu’ici au Cerf. Avec le recul, deux choses nous mettent mal à l’aise: avoir parlé de Soubey devant un public étranger. Et surtout, avoir rangé des personnes dans des camps politiques, «de gauche», «conservateurs», «libertariens». C’est justement ce que nous ne voulons pas: il doit toujours s’agir des personnes et du village, pas d’étiquettes, de clichés ou de camps politiques.
Si la vidéo vous a blessé personnellement, nous le regrettons sincèrement. Nos objectifs, nous les avons décrits alors comme aujourd’hui: faire venir des familles, avoir un jour de nouveau une école, des finances communales saines et donc des impôts en baisse.
Quel rôle joue la Free Cities Foundation?
Marc-Felix Otto en est vice-président. Soubey n’est pas un projet de la fondation, et elle ne le finance pas. La fondation a été créée en 2020 par Titus Gebel, dans le but de promouvoir et de diffuser de nouveaux concepts pour un vivre-ensemble libre, pacifique et autodéterminé.
Ni Peter Thiel ni Patri Friedman n’ont jamais été fondateurs, membres ni donateurs de la fondation. Peter Thiel défend des positions politiques que nous ne partageons pas. Próspera, au Honduras, n’est pas un projet de la fondation; elle y a tenu sa conférence annuelle 2026. Soit dit en passant: à Próspera, on peut acheter un appartement dès 120 000 USD, soit environ 100 000 CHF. Le cliché selon lequel «les riches» habiteraient Próspera est donc trompeur, vu de Suisse.
Armin Häfliger a gagné Marc-Felix Otto comme soutien de son initiative à Soubey après avoir déjà acquis le Cerf. L’idée théorique d’une commune libre est née de discussions avec David Dürr.
Qu’est-ce qui se cache derrière?
Ce que décrit cette page. Si une question reste sans réponse, posez-la-nous.
10Pour les médias
L’essentiel de notre dossier de presse, dans la mesure où il ne figure pas déjà plus haut. Le dossier de presse complet en PDF: Dossier de presse Initiative Soubey (auf Deutsch)
L’essentiel en bref
Soubey, au bord du Doubs, dans le district des Franches-Montagnes (JU), compte 123 habitants (2025); il y en avait 147 en 2010. Armin Häfliger et Marc-Felix Otto veulent y faire venir des familles, des artisans et des indépendants, avec des logements abordables et du travail sur place. Avec la commune, pas à côté d’elle.
- Ce qui existe: l’Hôtel-Restaurant du Cerf, rouvert le 8 mai 2024; la maison individuelle où habite Armin Häfliger; l’ancienne école, achetée le 3 septembre 2026 par Immo Imer après l’accord de l’assemblée communale du 12 juin 2026; l’association Focus Soubey, fondée le 28 juin 2026.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 09.2023 | Achat de l’Hôtel-Restaurant du Cerf. |
| 08.05.2024 | Réouverture de l’Hôtel-Restaurant du Cerf par Armin Häfliger. |
| 01.03.2025 | Ouverture de la saison au Cerf: toute la population est invitée à un apéro, avec aussi des discussions sur le projet. |
| 18.03.2025 | Armin Häfliger et Marc-Felix Otto présentent le projet au Conseil communal. |
| printemps 2025 | Armin Häfliger achète une maison individuelle à Soubey et y habite. |
| 22.08.2025 | Statuts d’Immo Imer; inscription au registre du commerce le 11.09.2025. Fondateurs: Armin Häfliger, Marc-Felix Otto, Andreas Hackethal. |
| 08.05.2026 | Apéro au Cerf avec Armin Häfliger et Marc-Felix Otto: environ 60 participants, deux heures et demie de questions et réponses. |
| 12.06.2026 | L’assemblée communale approuve la vente de l’ancienne école. |
| 28.06.2026 | Fondation de l’association Focus Soubey. |
| 03.09.2026 | Achat de l’ancienne école (acte notarié). |
| 09.2026 | Soirée pizza au Cerf, la deuxième après celle de l’année précédente. |
| 30.09.2026 | Deux articles du Quotidien Jurassien. |
| 24.10.2026 | Dès 17 h, nous serons au Cerf, avec beaucoup de temps pour discuter. Ouvert à tous. |
Soubey en chiffres
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Habitants | 123 (2025) · 131 (2020) · 147 (2010) · 157 (1980) | OFS |
| Superficie | 13,5 km² | Wikipédia |
| Résidences secondaires | 63 % | Office fédéral du développement territorial (ARE) |
| École | pas d’école au village; les enfants vont à l’école publique de St-Ursanne | commune |
| Enfants en âge scolaire | environ 10 | commune |
| Ancienne école | en vente par la commune pendant plusieurs années; vente approuvée le 12.06.2026 | commune |
Sources des chiffres: Office fédéral de la statistique (population, via citypopulation.de); Immo Imer: registre du commerce.
Les personnes
Armin Häfliger a grandi dans la ferme de ses parents à Triengen (LU), avec quatre frères et sœurs. Il a étudié l’agronomie à l’EPF de Zurich. En 2019, il fonde à Lucerne meinRad, qui vend chaque jour des repas végétaux frais depuis des vélos-cargos; l’entreprise a reçu le Prix des nouveaux entrepreneurs de Suisse centrale (2023) et le prix de l’environnement de la Fondation Albert Koechlin (2025). Il a son domicile à Soubey, où il a rouvert le Cerf.
Marc-Felix Otto est citoyen suisse et habite Thalwil (ZH). Physicien, il a obtenu son doctorat en 2002 à l’Institut Max-Planck pour la dynamique et l’auto-organisation à Göttingen. Après trois ans et demi chez McKinsey (2002–2006), il rejoint The Advisory House, société de conseil pour le secteur de l’énergie, dont il est associé depuis 2011 et président du conseil d’administration depuis 2018. Il a publié notamment «Management of Political Risks» (Springer Gabler, 2023) et, comme co-éditeur, «Was tun? – Wie Freiheitsentrepreneure unser Zusammenleben revolutionieren» (Duncker & Humblot, 2025). Il est vice-président de la Free Cities Foundation. Armin Häfliger l’a contacté pour l’Initiative il y a bientôt trois ans; si les deux ne sont pas d’accord, c’est Armin Häfliger qui tranche.
Contact médias
Armin Häfliger · 078 883 44 45 · [email protected]
Marc-Felix Otto · 078 655 44 86 · [email protected]
